Sainte Mère Teresa de Calcutta : l’histoire d’une femme devenue un symbole

 Sainte Mère Teresa de Calcutta : l’histoire d’une femme devenue un symbole mondial de la charité

Le 5 septembre, l’Église catholique célèbre sainte Teresa de Calcutta, plus connue dans le monde entier sous le nom de Mère Teresa. Religieuse, missionnaire et fondatrice des Missionnaires de la Charité, elle a consacré une grande partie de sa vie aux personnes les plus pauvres et les plus vulnérables de Calcutta.

Petite par la taille, reconnaissable à son sari blanc bordé de bleu, Mère Teresa est devenue l’une des figures religieuses les plus connues du XXe siècle. Son nom dépasse largement les frontières de l’Église catholique : son action auprès des malades, des mourants, des personnes abandonnées et des plus démunis lui a valu une reconnaissance internationale, jusqu’à recevoir le prix Nobel de la paix en 1979. 

Mais avant de devenir une figure mondiale, Mère Teresa était une jeune femme originaire des Balkans, partie très tôt loin de sa famille pour devenir missionnaire

Une enfance dans les Balkans

Mère Teresa naît le 26 août 1910 à Skopje, alors située dans l'Empire ottoman. Elle reçoit à son baptême le prénom d'Agnès Gonxha Bojaxhiu.

Elle grandit dans une famille catholique d'origine albanaise. Son père meurt alors qu'elle est encore enfant, laissant sa mère élever seule ses enfants dans des conditions financières plus difficiles. 

Très tôt, Agnès s'intéresse à la vie missionnaire. À l'âge de dix-huit ans, elle prend une décision qui va changer le cours de son existence : quitter sa famille pour rejoindre les Sœurs de Lorette, une congrégation religieuse engagée notamment dans l'éducation et les missions.

En septembre 1928, elle quitte définitivement sa région natale et part pour l'Irlande. C'est là qu'elle entre dans la congrégation et prend le nom de sœur Marie Teresa, en référence à Sainte Thérèse de Lisieux. Quelques mois plus tard, son voyage se poursuit vers l'Inde.

Son arrivée en Inde et les années d'enseignement 

Le 6 janvier 1929, la jeune religieuse arrive à Calcutta.

Elle rejoint les Sœurs de Lorette et commence sa formation avant d'être envoyée dans une école de jeunes filles. Après ses premiers vœux, prononcés en 1931, elle enseigne à l'école Sainte-Marie, à Calcutta. Elle y restera pendant de nombreuses années.

En 1937, elle prononce ses vœux perpétuels et devient alors connue sous le nom de Mère Teresa. Elle poursuit son travail dans l'enseignement et devient, quelques années plus tard, directrice de l'école. 

À cette époque, rien ne laisse encore présager que son nom deviendra célèbre dans le monde entier. Pendant près de vingt ans, Mère Teresa mène une vie religieuse classique au sein de sa congrégation : enseignement, vie communautaire, prière et responsabilités éducatives.

C'est pourtant durant cette période qu'un événement majeur va bouleverser son parcours.

1946 : « l'appel dans l'appel »

Le 10 septembre 1946, alors qu'elle voyage en train vers Darjeeling pour effectuer sa retraite annuelle, Mère Teresa vit une expérience spirituelle qui constitue un tournant décisif dans son existence. Elle parlera plus tard d'un « appel dans l'appel ».

Mère Teresa comprend alors qu'elle doit quitter l'enseignement et la vie relativement protégée de son couvent pour se consacrer directement aux personnes vivant dans les quartiers les plus pauvres de Calcutta.

Cette décision ne peut cependant pas être prise immédiatement. Il lui faudra près de deux années de démarches, de discernement et d'autorisations avant de pouvoir quitter officiellement sa communauté pour commencer cette nouvelle mission.

Le 17 août 1948, elle abandonne l'habit traditionnel des Sœurs de Lorette et porte pour la première fois le sari blanc bordé de bleu qui deviendra, au fil des années, indissociable de son image.

Elle suit ensuite une courte formation médicale à Patna avant de revenir à Calcutta.

Le 21 décembre 1948, elle commence son travail dans les quartiers les plus pauvres de la ville.

Au cœur des rues de Calcutta

Les premières années de cette nouvelle mission sont particulièrement modestes.

Mère Teresa se rend dans les quartiers pauvres, visite des familles et prend en charge des personnes malades ou abandonnées. Elle soigne notamment des enfants, accompagne des personnes vivant dans la rue et vient en aide à ceux qui ne disposent d'aucun soutien.

Peu à peu, son action attire l'attention. Certaines de ses anciennes élèves choisissent de la rejoindre. Ce petit groupe est à l'origine d'une nouvelle congrégation religieuse : les Missionnaires de la Charité.

Le 7 octobre 1950, la congrégation est officiellement établie dans l'archidiocèse de Calcutta.

La mission est claire : se consacrer au service des personnes les plus pauvres. À partir de là, l'œuvre de Mère Teresa va prendre une ampleur considérable.

La naissance et l'expansion des Missionnaires de la Charité

Au cours des années 1950 et 1960, les Missionnaires de la Charité se développent progressivement en Inde. Mère Teresa fonde notamment des structures destinées à accueillir et accompagner des personnes malades, abandonnées ou en grande précarité.

Puis son œuvre dépasse les frontières de l'Inde.

À partir des années 1960, les Missionnaires de la Charité s'installent dans d'autres pays. Des communautés sont fondées en Amérique du Sud, en Afrique et en Europe, avant que la congrégation ne poursuive son expansion sur l'ensemble des continents.

Mère Teresa développe également plusieurs branches liées à sa congrégation, destinées aux religieux comme aux laïcs souhaitant participer à son œuvre. En quelques décennies, ce qui avait commencé avec une religieuse quittant son couvent et quelques jeunes femmes venues la rejoindre devient une organisation présente dans de nombreux pays. 

En 1997, année de la mort de Mère Teresa, les Missionnaires de la Charité comptent près de 4 000 sœurs réparties dans 610 fondations et présentes dans 123 pays, selon la biographie publiée par le Vatican.

Une figure connue dans le monde entier

Pendant longtemps, Mère Teresa reste avant tout connue pour son action en Inde. Mais son nom commence progressivement à dépasser les frontières du pays. Les médias internationaux s'intéressent à son travail et à la croissance de son œuvre. Son apparence devient immédiatement identifiable : une petite femme portant un sari blanc bordé de bleu, parcourant les quartiers pauvres de Calcutta et accompagnant les personnes les plus fragiles. Sa notoriété augmente également à travers les nombreuses distinctions qu'elle reçoit.

L'année 1979 marque un tournant majeur. Mère Teresa reçoit le prix Nobel de la paix.

Le Comité Nobel norvégien récompense son travail auprès des personnes souffrantes et son engagement en faveur des plus pauvres. Cette distinction transforme définitivement Mère Teresa en une personnalité mondialement connue. Sa renommée repose alors sur une image devenue universelle : celle d'une religieuse catholique ayant consacré son existence à des personnes vivant dans des conditions extrêmes. Cette reconnaissance internationale contribue également au développement des Missionnaires de la Charité, dont les communautés continuent de s'implanter dans de nouveaux pays.

Une célébrité mondiale restée à la tête de sa congrégation 

Malgré sa célébrité, Mère Teresa continue de diriger les Missionnaires de la Charité et de voyager à travers le monde.

Elle rencontre des chefs d'État, des responsables religieux et des personnalités internationales, tout en poursuivant son travail auprès de sa congrégation.

Au fil des années, sa santé se fragilise, mais elle continue néanmoins à assumer ses responsabilités aussi longtemps que possible.

En mars 1997, quelques mois avant sa mort, elle bénit sa successeure à la tête de la congrégation.

Mère Teresa meurt à Calcutta le 5 septembre 1997, à l'âge de 87 ans.

Le gouvernement indien lui accorde des funérailles nationales, signe de la place particulière qu'elle avait acquise bien au-delà du monde catholique. Son corps est ensuite enterré dans la maison mère des Missionnaires de la Charité, à Calcutta. 

De Mère Teresa à sainte Teresa de Calcutta

Après sa mort, sa réputation de sainteté est déjà largement établie. L'Église catholique ouvre sa cause de canonisation moins de deux ans après son décès, avec une autorisation particulière du pape Jean-Paul II. Le processus de canonisation repose notamment sur l'étude de la vie de la personne concernée et sur la reconnaissance de ses vertus héroïques. Dans le cas de Mère Teresa, le Vatican reconnaît officiellement l'héroïcité de ses vertus en 2002.

Le 19 octobre 2003, Jean-Paul II la béatifie. Treize ans plus tard, le 4 septembre 2016, le pape François la canonise officiellement. Elle devient alors sainte Teresa de Calcutta.

Sa canonisation ne repose donc pas uniquement sur sa notoriété internationale ou sur l'importance de son œuvre humanitaire.

Pour l'Église catholique, elle reconnaît officiellement la sainteté de sa vie, son engagement religieux et l'exercice héroïque des vertus chrétiennes.

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