Le pape Léon XIV en France : quatre jours de foi et d'espérance
Du 25 au 28 septembre 2026, le pape Léon XIV a effectué son premier voyage apostolique en France. De Paris à Lourdes, puis de Lourdes à Metz, le Saint-Père a rencontré les fidèles, les jeunes, les évêques, les personnes fragiles, les représentants des religions et les autorités françaises.
Au-delà de l’événement médiatique, cette visite aura surtout été marquée par un même appel : retrouver ce qui unit, prendre soin de la dignité de chaque personne et travailler à la paix.
Paris : une Église appelée à sortir d’elle-même
La visite a débuté à Paris, où le pape Léon XIV a été accueilli par les autorités françaises avant de se rendre à l’UNESCO puis à Notre-Dame de Paris. Dans son discours aux autorités, le pape a notamment évoqué les racines chrétiennes de la France, mais aussi la liberté, la fraternité, la dignité humaine et le bien commun. Un symbole a particulièrement marqué son passage : Notre-Dame de Paris. Pour Léon XIV, la restauration de la cathédrale dépasse la prouesse architecturale. Elle témoigne de la capacité d'une société à reconstruire ce qui semblait perdu lorsqu'elle accepte de travailler ensemble.
« Ce que l’on croyait détruit à jamais peut renaître grâce à la collaboration de chacun. »
Cette idée résume une grande partie du message porté durant le voyage : l’espérance n’est pas une fuite devant les difficultés. Elle pousse à reconstruire.
Le pape a également consacré une place importante aux enjeux contemporains, notamment au développement technologique et à l’intelligence artificielle. Son appel est clair : le progrès ne peut avoir de sens que s’il demeure au service de la personne humaine.
Une rencontre particulière avec la jeunesse
Le même jour, le pape s’est rendu au Stade de France pour une veillée de prière avec les jeunes.
Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, Léon XIV les a invités à vivre leur foi sans peur et sans violence. La foi chrétienne, a-t-il rappelé en substance, n'est pas une lutte contre les autres, mais un combat intérieur pour choisir l'amour, la vérité et le bien.
Un message particulièrement actuel dans une époque où les divisions sont nombreuses et où les jeunes sont constamment exposés à des discours qui opposent et fragmentent.
Lourdes : au cœur de la prière et de la fragilité
Après Paris, le pape Léon XIV a pris la direction de Lourdes.
Son passage dans le sanctuaire marial a donné une dimension profondément spirituelle à ce voyage. À la grotte de Massabielle, il a prié devant Notre-Dame de Lourdes avant de célébrer la messe le lendemain. Lourdes n'est pas seulement un lieu de pèlerinage. C'est aussi un lieu où la fragilité humaine occupe une place centrale. Le pape y a rencontré des personnes malades et des membres de l'Accueil Notre-Dame, ainsi que des religieuses contemplatives. Il a également rencontré les évêques de France et participé à la prière du Rosaire et à la procession aux flambeaux.
À Lourdes, son message s'est ainsi incarné dans une réalité très concrète : une Église qui accompagne, qui écoute et qui se tient auprès de ceux qui souffrent. Le pape a également rencontré des personnes victimes d'abus sexuels commis au sein de l'Église. Cette rencontre rappelle que l'espérance chrétienne ne peut faire l'économie de la vérité, de la justice et de la réparation.
Metz : retrouver les racines de l'Europe
Pour la dernière étape de son voyage, Léon XIV s'est rendu à Metz.
Le choix de cette ville n'est pas anodin. Située au cœur d'une région marquée par les conflits et les changements de frontières, Metz porte dans son histoire les blessures comme les efforts de réconciliation de l'Europe. C'est précisément autour de cette mémoire que le pape a construit son message.
Au Centre des Congrès Robert Schuman, il a participé à une rencontre interreligieuse avant de prononcer un discours consacré aux « racines de l'Europe pour la paix et l'unité ». La figure de Robert Schuman y occupait une place centrale. Pour Léon XIV, l'Europe ne peut pas être réduite à une construction économique ou politique. Elle possède également une histoire, une culture et un héritage spirituel qui ont contribué à façonner son identité. Mais regarder les racines ne signifie pas revenir en arrière. Il s'agit plutôt de retrouver ce qui peut encore permettre aux peuples européens de construire leur avenir : la dignité de la personne, le dialogue, la fraternité, la justice et la paix.
« Vous êtes les saints de France » : un appel lancé à toute une génération
Parmi les moments les plus marquants de cette visite, la rencontre avec la jeunesse restera sans doute l’un des plus forts.
Le 25 septembre, près de 80 000 jeunes étaient réunis au Stade de France pour une grande veillée de prière. Après une fresque consacrée aux saints de France, Léon XIV s’est adressé à eux avec des mots simples, mais particulièrement forts :
« Vous êtes les saints de France ! »
Loin d’être une simple formule, cette phrase porte un véritable appel. Le pape ne parle pas seulement des saints qui ont marqué l’histoire de l’Église en France. Il invite les jeunes présents à comprendre qu’ils peuvent, eux aussi, devenir des témoins de l’Évangile dans leur époque.
Il les remercie pour leur « courage », leur « présence » et leur « foi », avant de les encourager à unir l’élan missionnaire à la fraternité envers ceux qui ne partagent pas leur foi.
Quelques jours plus tard, à Metz, le pape s’adresse de nouveau aux jeunes. Son message prend alors une dimension très concrète. Il les invite à « aimer la vie à chaque instant » et leur lance cet appel :
« N’ayez pas peur de l’avenir ! »
Puis il poursuit :
« N’ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle. »
Léon XIV les encourage également à devenir des « bâtisseurs de communautés » et à travailler au service du bien commun.
À travers ces deux interventions, un même message se dessine : la jeunesse n’est pas seulement l’avenir de l’Église, elle en est déjà une force vive.
Le pape ne leur demande pas de regarder le monde avec inquiétude, mais avec espérance. Il les invite à prendre leur place, à vivre leur foi, à aimer, à construire, à fonder des familles, à servir et à devenir, dans leur quotidien, des artisans de paix.
Un appel particulièrement fort dans une époque où l’avenir peut parfois sembler incertain. À la peur, Léon XIV oppose l’espérance. À l’individualisme, la communauté. Au découragement, la sainteté. « Vous êtes les saints de France. »
Une phrase qui, au-delà des milliers de jeunes réunis au Stade de France, peut résonner comme une invitation adressée à toute une génération.










